Sacrarium – Miasmind

Malgré une histoire maudite et agitée, le second album de Sacrarium, intitulé « Miasmind », est sorti en fin d’année 2014. Dirigé par V.R.S et A.m.K, ce groupe fondé en 2001, délivre un black metal moderne teinté d’arrangements dévoilant de sinistres ambiances. Dix titres pour une durée de 55 minutes composent cette ultime et funeste offrande des Lorrains.

sacrarium miasmind

La qualité de la production résonne assez crue et propose un juste milieu entre ce que l’on peut trouver chez les grosses pointures et l’underground du genre. En revanche, Sacrarium met en œuvre beaucoup de moyens intéressants pour s’écarter des chemins, de la crasse et de la stérilité musicale, si facilement empruntables. Les initiés retrouveront des ambiances à la limite de l’indus ou de l’ambiant grâce à des claviers et des arrangements bien amenés. Certains auront l’occasion de respirer entre ces flux bruitistes tandis que d’autres se feront aspirés dans cette atmosphère sous tension (« Koma Dolcontine »).

L’expérience musicale du combo se retrouve dans l’inspiration et la faculté à briser la monotonie du genre, tant au niveau de la voix, du rythme ou encore de la mélodie. Ainsi de nombreux invités apportent leurs touches personnelles pour enrichir les compositions. Au lieu de s’infliger une voix éraillée, à la limite du dégueulis satanique, pendant une heure, le panel vocal se veut très large. On remarquera, à certains moments, un chant presque hardcore (« The Lighted Room »). De la même manière, certains cris transpirent la souffrance (« A Collapsed Dream »). Quel plaisir, aussi, de ne pas avoir affaire à une partie de blasts incessante ! Sacrarium propose plusieurs variations de rythme, obligeant ainsi l’auditeur à accentuer son attention. Un ralentissement soudain, une voix en claire et une mélodie envoutante suivie d’un blast de fou furieux sur lequel la guitare s’emballe, « Genetic Distortion Models » est, selon moi, le meilleur morceau de l’album. Une belle réussite qui aurait pu partir plus loin encore ! Sacrarium ira même puiser dans des influences thrash et intercalera, pour les amateurs de virtuosité, quelques soli dans ses compositions (« Riding the Dead Horse of Monotony »).

Miasmind est un bon album de black metal et plaira aux différentes hordes ouvertes à des inspirations plus modernes. On pourra simplement regretter une meilleure production et, pour ma part, de plus amples passages « progressifs » ou « post black metal ». Que les plus férus de trve black metal diabolique se rassurent, les compositions s’articulent aussi autour d’éléments qui ont fait sortir de l’ombre, dans les années 1990, ce style maintenant très riche ! En somme, rien ne vous empêche de jeter une oreille sur cet album posthume. Il faudra simplement plus d’une écoute pour comprendre toutes les finesses de la musique de Sacrarium

À écouter : Genetic Distortion Models, The Lighted Room, Riding the Dead Horse of Monotony.

Par Simon.

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3 réponses à “Sacrarium – Miasmind

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