HYENA

Hyena

Plongée hyperréaliste dans la partie corrompue de la police londonienne des années 80-90, Hyena, deuxième long-métrage de G.Johnson suit le parcours de Michael Logan et de sa brigade de stups évoluant dans un quotidien gangrenée par l’argent sale, où violence des gangs, trafics de drogues et d’êtres humains règnent en maitre. Tirant profit avec sa bande d’un système bien huilé, il va devoir se confronter à un bouleversement radical avec l’arrivée de nouveaux barons de la mafia, allant jusqu’à redistribuer les cartes du système et mettre en péril ses propres affaires.

Si vous avez aimé la trilogie Pusher, que vous êtes un inconditionnel des films gangsters de Scorcese et que le Bad Lieutenant d’Abel Ferrara est un film majeur de votre collection poussiéreuse de DVD, Hyena est un film taillé sur mesure pour vous. Le réalisateur ne cache d’ailleurs absolument pas ses références au moment d’évoquer son film en le présentant : « Je voulais faire un film dans la veine de Bad Lieutenant mais avec beaucoup de flics pourris au lieu d’un seul ». Mais son esthétique daté fin 80-début 90 nous fait aussi beaucoup penser à Pusher. D’ailleurs, on pourrait même croire que Hyena en est le prolongement, mais dans la sphère des stups londoniens. On se promène, comme dans le film de Nicolas Winding Refn, dans différentes communautés mafieuses par le biais cette fois-ci de l’implication de Loggan et de son troupeau de policiers corrompus. Mais à la différence du premier cité, la mise en scène n’est pas « documentaire » et assume plus les codes de la fiction, même si elle se joue d’une caméra portée mobile de manière quasi permanente. La comparaison à Pusher est très trouble, jusqu’à citer le célèbre réalisateur danois sur l’affiche du film pour en faire la promo (« Le futur du thriller a un nom : Hyena« ), jusqu’à presque donner l’illusion au spectateur non averti que Nicolas Winding Refn en serait l’auteur. La réalisation, elle, garde ce réalisme saisissant qui nous donne la sensation de s’immerger quasi-intégralement dans un univers rude et mafieux, qui dépasse totalement le spectateur dans sa cruauté, bien loin d’un manichéisme conventionnel qu’on aurait l’habitude de voir dans d’autres films du genre. Ici, le policier est un mafieux parmi les mafieux, qui jouit de son autorité pour exercer sa loi et Michael Loggan, personnage à la complexité évidente, est une hyène parmi les hyènes, chassant aussi bien en solitaire qu’en meute. Sa brigade fonctionne avec les mêmes caractéristiques que les organisations qu’elle est censée pourchasser: une hiérarchie précise, un appât du gain, des commissions, une vie hédoniste, du chantage… 

Si on a comme une vague impression de déjà-vu en regardant Hyena, on se laisse tout de même convaincre par le rythme coup de poing du film et par son réalisme et sa noirceur. Si pour nous la fin reste inexplicable et frustrante, le reste du film fonctionne plutôt bien. Hyena n’est visible que dans quelques cinémas parisiens. Vous pouvez toutefois le voir au Gaumont Opéra, à La Bastille et au MK2 Bibliothèque. A vous donc de vous faire votre avis !

François

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