RETOUR SUR LE … PEACOCK SOCIETY 2015

TECHNO REPORT #3

peacock2

C’était il y a tout pile un mois et encore à Vincennes, mais cette fois, le rendez-vous était donné comme les éditions précédentes, au sein du parc floral. Dans la même année, Vincennes verra donc trois évènements majeurs de la scène électronique parisienne se dérouler sur ses terres. Après le massif Weather Festival début juin dernier, et pour ce qui nous occupe le très qualitatif Peacock Society début juillet, ce sera au fameux label berlinois Innervisions de venir poser ses valises (pour cette occasion… directement au Château) le temps d’un après-midi « Lost in a Moment » en septembre prochain. Mais chaque chose en son temps, retour d’abord ensemble sur cette troisième et dernière édition du Peacock Society qui aura, comme on s’y attendait, tenu toutes ses promesses…

Alors qu’il y a deux mois nous étions totalement en plein air au cœur du bois avec le Weather, cette fois-ci on se rendait dans le grand hall du parc partagé en deux Warehouses, les scènes principales du festival. A l’extérieur, l’espace était aussi bien exploité : on pouvait prendre l’air en hésitant selon l’humeur entre une scène Resident Advisor, un open air du magazine Trax (« Off the Trax ») et un coin « chill » pour se relaxer (de quoi en avoir pour tout les goûts), le tout entouré par des lumières filtrant différentes couleurs et des guirlandes en papier dans les arbres.

On a beaucoup squatté la Warehouse #1…

Même si, et à mon plus grand regret, je n’ai pu assister à la première nuit du festival manquant notamment les sets de Laurent Garnier, de Loco Dice et de The Hacker m’obligeant à parcourir les podcasts pour écouter ce qui était joué (je suis beaucoup moins fan de Seth Troxler), je me faisais pas trop de soucis sur la soirée du samedi soir au vu de sa programmation. Et puis tant pis pour la veille…

Sur la Warehouse 1 du lendemain s’enchainait Flume, Mind Against, Kölsch, Kink et Dixon. Un line-up cohérent dans sa continuité, aux styles différents en fonction des artistes nous faisant passer successivement dans des « moods » mélodiques, deep, housy avec une touche aérienne légèrement prononcée dans l’ensemble. Si Flume a attiré à peu près tout le public du festival, passant en revu tout ses « tubes » dont le fameux remix de Disclosure You & Me, le plus pertinent de la soirée se déroulait à nos yeux plus tard.

Fort de leur boiler room fin juin dernier et de la sortie du track Vertere co-produit avec Somne et sorti une nouvelle fois sur le label Life & Death, Mind Against était en pleine forme pour son retour à Paris, jouant un set d’une heure et demi à peu près. Déjà vu au Zig Zag après Mano le Tough il y a un an, les deux frères italiens sont restés fidèles à leur style proposant un set très deep, presque nonchalant, aux accents parfois mélodico-dramatiques, parfois ravageur de puissance et d’efficacité. On était déjà assez fan du duo et du label en général, nous pouvions donc qu’être que comblé…

On bascule ensemble d’humeur laissant la place à deux lives house très attendu, plus coloré que ce qui se jouait précédemment et de la même durée : celui de Kölsch et de Kink. Moins fan du premier que du deuxième qui m’avait totalement scotché sur la vidéo de son live au Boiler Room de Moscou, j’étais bien content de découvrir l’animal en live. Et je n’ai pas été déçu.

On a aussi parfois un peu tendu l’oreille sur la scène Resident Advisor pour prendre un peu l’air sans vraiment être très fan de ce qui se jouait avant de prendre une grosse claque sur la Warehouse 2 et le peu de temps que nous y sommes resté devant le live d’Answer Code Request. Un style beaucoup moins fleuri que la house de Kink jouée sur la première scène, plutôt d’une noirceur hypnotique, irrésistible et envoutante.

Dixon, pour l’apothéose …

Que dire maintenant du set de Dixon ? Peut-être l’un des plus inspiré qu’il m’a été donné de voir en festival. Le co-fondateur, avec le duo Âme, du label Innervisions, de qui on m’a dit qu’il était booké deux ans à l’avance était très très attendu ce soir-là pour un closing de 3 heures au petit matin. Un passage qu’on gardera en mémoire. Même s’il m’est arrivé depuis d’écouter plusieurs de ses sets depuis son passage au Peacock et d’y voir avec ce qu’il a joué au festival quelques similitudes, il n’empêche qu’au moment de son passage, mes oreilles ont été à 200 % conquises par l’inspiration et la qualité de mix de l’artiste allemand. D’une justesse rare, avec un soundsystem lourd (pas avare en basses) et devant un public conquis, Dixon nous a régalé de sa technique passant des morceaux qui pris individuellement n’ont rien de très cohérent dans une logique de set, mais sous le filtre de son expérience et son inspiration ne pouvait donné l’impression que du contraire. Comment peut-on passer une intro entièrement acoustique après le passage du remuant Kink à 5 heures du mat’ sans risquer de perdre son public ? Comment passer d’un track acide à un track deep house mélodique ? Autant de questions dont seul Dixon a les réponses… C’est notre coup de cœur du festival !

Voici d’ailleurs son tracklist pour les curieux :

—> https://soundcloud.com/marianna-gsd/sets/dixon-peacock-society-2015

Soundsystem et ambiance au top !

Si le Weather Festival avait eu des problèmes de voisinage autour Vincennes, le Peacock du fait d’avoir posé son sound-system dans un espace fermé à l’intérieur du parc floral, n’a pas eu cette problématique. Au contraire, j’ai trouvé la qualité du son vraiment très bonne, très bien équilibrée avec une basse un peu appuyée mais convenablement, et juste ce qu’il faut pour un festival comme celui-ci. C’est peut-être l’ambiance, le cadre un peu surréaliste mais j’ai aussi senti un public assez sympathique et j’ai un peu moins retrouvé qu’à l’accoutumée le parisien « branchouille » insupportable présent dans beaucoup d’événement techno en région parisienne. Au contraire, j’ai trouvé la foule plutôt cool, simple, sans prise de tête et avant tout là pour écouter (et non entendre) de la techno.

Bilan 4/5

On peut juger forcément cette nouvelle édition du Peacock Society sur ce qu’on en a vu et pour nous, c’était la soirée du samedi soir. On retiendra une nouvelle édition de qualité avec un line-up toujours très solide année après année, toujours très inspiré musicalement avec une mention spéciale pour la prestation de Dixon. On a beaucoup apprécié le soundsytem, l’acoustique et on trouvé l’organisation ainsi que les bénévoles très sympathiques. On y retournera bien sûr avec grand plaisir l’année prochaine !

Par François

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