Ethmebb au Gibus Café – 29/11/2015

Le 29 novembre était la date qui clôturait le Kraken Influence Autumn Tour. À cette occasion, Ethmebb et Here Comes A New Challenger investissaient le Gibus Café, la petite salle de la rue Saint-Maur. Bourreau et October’s Fall complétaient l’affiche de cette belle soirée…
affiche ethmebb

Il est 19h30, la salle est encore peu remplie quand Bourreau entame les hostilités. Originaire d’Essonne, le quatuor délivre un death metal puissant et sans concession. Comme le genre l’impose, la voix de Vorace (chant, guitare) est caverneuse et, pour plus d’intensité et de violence, le chanteur préférera laisser siffler sa guitare entre les titres plutôt que d’échanger avec le public. Si leur musique sera un peu redondante à notre goût, force est d’avouer que le jeu des musiciens est carré. Les connaisseurs sembleront apprécier la performance et les premiers mouvements de têtes apparaîtront. Au terme d’une demi-heure de set, la formation finira par le sanglant « Bloodthirsty », extrait de leur EP On Pain of Death (2014).

Dans un registre plus moderne, October’s Fall se chargera de prendre la relève et commencera par le puissant « The Plague of Time ». Déjà vu lors de la Brutal Mayhem Night, on se faisait un plaisir d’assister, une nouvelle fois, à l’une de leur prestation. Leurs compositions sont toujours aussi intéressantes, riches et efficaces. Les fans de The Black Dahlia Murder devraient incontestablement se pencher sur ce combo venu d’Évry… Dès les premiers titres, le guitariste soliste épate la galerie et s’illustre par des soli techniques et bien exécutés. De son côté, le chanteur assume sa voix et oscille entre les timbres death et black. À l’évidence, le public semble apprécier et applaudira entre les morceaux. Cependant, comme le mois dernier, on regrettera le manque d’interaction avec la foule. Le deathcore d’October’s Fall possède les qualités nécessaires pour remuer les corps et faire trembler les salles mais il faudra, à l’avenir, que les musiciens viennent chercher le public… « Winter…Forever… » sera l’ultime titre de la soirée pour eux. En somme, on attendra, avec impatience, les prochains concerts du combo et, surtout, un premier enregistrement !

« 3500 likes sur facebook, Here Comes A New Challenger est un groupe mondialement connu » annoncera plus tard avec humour le chanteur d’Ethmebb. La suite de la soirée s’est donc déroulée sur fond de deathcore. Cela faisait un moment que l’on ne s’était pas rendu au concert d’un groupe évoluant dans ce style. Une chose est sûre : de temps en temps, ça fait du bien de prendre du break en pleine figure ! Immédiatement, « Nothing is Real » annoncera la couleur. Crabcore, headbangue et autres danses deathcore seront accomplies par les membres du groupe tout au long de la prestation. À l’évidence, ils ont bossé le jeu de scène et connaissent les chorégraphies du genre. En raison du grand gabarit des musiciens et de l’amplitude de leurs mouvements, la scène paraîtra tout de suite étroite. Ainsi, Anthony (chant) fera du pit son nouveau terrain de jeu. Si cela empêchera parfois les fans de réellement se défouler, cette posture apportera une convivialité certaine. D’ailleurs, le plaisant « Show me your Teeth » fera taper des mains un public visiblement ravi. À l’aide de guitares huit cordes, le groupe mélange des passages lourds et saccadés avec d’autres plus mélodiques et accrocheurs. Le chanteur gère, quant à lui, bien les timbres de voix qu’impose ce registre métallique. La bonne ambiance règne et les membres des deux derniers groupes de la soirée semblent bien se connaître. Par conséquent, un musicien d’Ethmebb s’invitera, pour quelques lignes de chant, lors de « Follow the Rabbit ». « Reborn » clôturera une performance plus que plaisante au cours de laquelle Here Comes A New Challenger prouvera son efficacité en live.

Il est un peu plus de 22h. La soirée passe vite et c’et déjà au tour du groupe de « blague metal épique » Ethmebb de monter sur les planches. Découvert lors du Headbang Contest, on avait trouvé que leur concept pouvait prêter au sourire mais que la musique proposée et l’univers développé étaient assez riches pour passer de bons moments… Alors qu’une musique d’introduction, presque cinématographique, retentie dans le Gibus, les musiciens prennent position. Chacun vêtu d’une cape et d’une cravate, ils se tiennent prêt à nous conter les aventures de Tathor, un chevalier ayant perdu son GrindCore. Défendant leur EP Lost my Grind (2013), « GPS Gobelin par Satellite » et « Lost my Grind » instaurent les bases de ce voyage. Les riffs typés death mélodique évoquent ce que font certains groupes finlandais et les morceaux sont assez longs pour nous emmener vers d’autres contrées. De manière très réussie, le caractère épique de leur musique est renforcé, notamment lors de magnifiques ponts, par l’utilisation d’arrangements. La puissance se ressent alors et le voyage se fait aisément. « Orlango Blum » sera l’un des grands moments du set ! Cependant, les samples seront parfois un peu forts et écraseront le jeu du guitariste soliste. Sans aucun doute, les musiciens sont doués et inspirés. Certaines lignes de basse apportent de belles mélodies et enrichissent les compositions. Aussi, les soli sont bien réalisés et participent à la dimension épique des titres. D’ailleurs, il suffira d’observer certaines expressions faciales du guitariste pour se rendre compte de la manière dont il ressent et vit sa musique. Dans la fosse, l’ambiance est chaleureuse et le public se prend au jeu. Ambiancée par l’humour du chanteur, quelques personnes danseront et bougeront gentiment. Ce soir, il s’agit de s’amuser ! Enfin, « Pirate of the Caribou » sera le moment le plus théâtral du concert. Déguisés en pirate et en chevalier, deux musiciens de Here Comes A New Challenger envahiront la scène et combattront fièrement au milieu des musiciens. Un grand moment ! Avant la photo finale, Ethmebb terminera son set par un long morceau marqué par un magnifique solo, laissant ainsi présager le meilleur pour leur premier album La Quête du Saint Grind.

En somme, la soirée fut des plus agréables. Une nouvelle fois, la scène française hexagonale a prouvé sa vitalité et sa richesse. Évoluant dans des registres différents, ces groupes seront, chacun à leur manière, intéressants à suivre lors de prochains concerts et de futures productions. Il est à présent temps de remercier Esteban et Kraken Influence, l’organisation, les groupes réunis ainsi que le public venu nombreux dans cette agréable salle qu’est le Gibus.

Par Simon.

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