Cours

Cours ma petite, cours.

Je te vois.

Je ressens ta peur.

Quelle idée de t’être isolée comme ça ! Enfin, ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. Ça me facilite bien la tâche.

Je t’avais remarquée depuis mon arrivée. Tu étais si mignonne que j’espérais que tu commettes l’erreur de t’éloigner de la foule. On peut dire que ce papillon m’a donné un sérieux coup de main ! C’est vrai qu’un rien vous amuse, vous les gosses. Tes parents ne t’avaient pas dit de rester près d’eux ? Bientôt, tu vas regretter ton insouciance.

Désormais tu es seule et complètement perdue. Il est temps pour moi de passer à l’action. Dans quelques instants, tu seras à moi. Tes parents, tu ne les reverras pas.

Tu tournes la tête de tous les côtés, de plus en plus paniquée. Ta voix se perd au loin. Tu espères encore que tes parents te retrouvent. Mais il n’y a que toi et moi ici.

C’est l’occasion rêvée. J’en tremble d’excitation. Mon pouls s’accélère. J’approche lentement. Tu ne te doutes de rien. Tu es si frêle, si jeune. Si apeurée. Tellement facile.

On dirait que le silence t’intrigue. Tu ne cries plus. Tu ne me vois pas, mais tu sens qu’un danger te guette. Tes parents t’avaient avertie. Tu sais ce qu’il arrive aux petites filles qui se perdent… Et tu regrettes sûrement de ne pas les avoir écoutés.

Ça oui, ma mignonne, tu vas le regretter.

Soudain, tu te mets à courir. Tu as un mauvais pressentiment.

Heureusement pour toi, tu pars dans la bonne direction. Si tu avais couru vers moi, cela aurait été trop simple. J’apprécie les proies faciles mais jouer un peu m’excite davantage. Alors nous allons jouer.

Cours, ma jolie, cours ! Crie autant que tu le peux. Tu vas vite, malgré ton âge. Mais je suis plus rapide. Maintenant, je suis derrière toi. J’arrive. Tu appelles à l’aide, mais personne ne peut t’entendre. Tu cours de plus en plus vite, terrorisée. Je te rattrape. Bientôt tu seras à moi ! Tu n’as aucune chance de m’échapper.

Je te donne un peu d’avance. Tu hurles, tu trébuches sous la panique. Tu t’essouffles, tu t’épuises. Moi, je prends mon temps. Je fais durer le plaisir. J’attends que tu te fatigues. Je sens déjà que tu faiblis. Est-ce que tu abandonnes ? On commençait juste à s’amuser.

C’est le moment que je préfère. Ta course ralentit. Plus que quelques mètres. Je ne peux plus résister. Ça y est, j’y suis presque.

Je peux voir la terreur dans tes yeux alors que j’arrive sur toi. J’aime le sentiment de supériorité que cela me procure. Tu m’appartiens désormais ! Je t’immobilise fermement contre moi. Tu cries, tu te débats, mais tu sais que c’est trop tard. Les autres aussi se sont débattues. Tu ne peux plus respirer, tu es à bout de forces.

Je te rassure, ce sera bientôt terminé.

Nos regards se croisent et tu cesses de te défendre. Tu as compris que c’est la fin. Je peux voir la résignation dans tes yeux. Personne ne viendra plus t’aider.

Je peux entendre ton petit cœur qui cogne contre ta poitrine. Je peux voir la veine de ta gorge palpiter et sentir la chaleur de ton corps sous le poids du mien. Tu me lances un regard déchirant. Tu me fais presque pitié à présent. Après tout, tu n’es qu’une enfant. J’ai des enfants moi-même.

C’est pour eux que je dois faire ça.

Je te promets d’être rapide, tu ne souffriras pas.

Quand mes crocs se plantent dans ta gorge, tu pousses un cri avant de t’écrouler. Le sang chaud gicle sur ta belle fourrure.

Ton cœur émet un dernier battement. Je lèche le sang de mes babines avec délectation.

Ta viande est une aubaine. Je suis affamée…

…et mes lionceaux aussi.

Par C. Berger

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